jeudi 22 janvier 2009

Noir désir


J'espère que je vais l'avoir.

J'ai besoin d'argent. Ça devient urgent.


Je suis là, assise, à écouter. Non, plutôt à entendre, car cet entretien me paraît vide de tout sens. Je ne sais pas ce que je fais là, je ne sais pas ce qu'il recherche.

Quel profil?

Alors je dis oui. Parce que j'ai besoin d'argent. Je n'écoute pas vraiment cet homme qui me parle. Je hoche simplement la tête, ponctué de quelques mots, de quelques phrases.


Je sens la pièce froide, vide. Seul un courant d'air chaud parcourt la pièce.

Et cette voix.

J'entends surtout cette chaleur qui danse autour de moi.



-Merde!

-Bon. Je vais voir ce que je peux faire... ce que je peux vous proposer, c'est de.. vous mettre plus à votre aise... Ça ne prendra que quelques minutes... On fait comme ça?... Et après on s'y remet.

Il y a eu un changement dans le ton de sa voix. Je ne sais pas, quelque chose de troublé, un trémolo hésitant tout en gardant son hautain de cadre.

J'entends des bruits de pas. Puis le silence.

Dans mes pensées, je n'ai pas pris l'attention d'écouter vers où les pas allaient.

Éloignement, rapprochement. Je ne sais pas.

Me concentrer. Surtout aujourd'hui.

C'est difficile d'être dans le noir.


Cette voix d'homme à nouveau.

Me concentrer, que le noir ne me laisse pas aller.


-A poil!

Je ne suis pas sûr d'avoir compris. Je suis choqué. J'ai peur de n'avoir pas bien compris. Je ne bouge pas. Je ne dis rien.

-A poil j'ai dit. On se dépêche.

Tout se trouble, ce noir, les pas, il me semblait qu'il était parti quelques instant. Je ne sais plus...




Me voilà nue devant lui, les bras le long du corps. Mon dos, frêle, est maintenant couvert de chair de poule. Le souffle chaud du radiateur vient maintenant caresser mon sein droit.

Je le sais, je le sens malgré cette obscurité: il m'observe. Il prend tout son temps pour me détailler. Il voit que ma poitrine a juste assez de volume pour que d'une main il emprisonne chaque globe.

Toujours sans me toucher, il baisse les yeux, j'en suis sûr, il fixe le petit triangle brun, niché dans la fourche des cuisses.

Pour m'être souvent regardé, je sais que mes minuscules poils drus ne cache pas complètement la naissance de mon sexe.

-Écarte!

Je reçu l'ordre comme une gifle. C'est à peine si mes cuisses se dessoudèrent de quelques millimètres.

-Mieux que ça. Faites des efforts, nous n'avons pas tout notre temps. Et les bras sur la tête.

J'ouvris les cuisses de quelques centimètres, je sentais les lèvres de mon con se décoller lentement.

-Encore plus

Du revers de la main, il me tapote les chevilles jusqu'à ce que j'ouvre grand les jambes. Ses mains empaumèrent mes seins, les caressants longuement. Des pouces il fit éclore les tétons qui se contractèrent de peur et d'émotions.

Malgré la situation, je sentis un picotement au creux de mes reins. Le malaise s'accentua lorsqu'il parcourut de son doigt mon ventre et se mit à me toucher le nombril. Il devait soupçonner cet endroit érogène chez certaines femmes.

Je tressaillis.

Mon entrecuisse est tendue à l'extrême, je tremble sous l'effort imposé par l'écartement de mes jambes. Les lèvres de mon con se sont décollées et brillent maintenant de sécrétions.

Il y pose un doigt, se contentant de caresser mes poils. Le médius longe mes lèvres entrouverte, et glissent entre elles, en surface, juste pour effleurer mon sexe maintenant mouillé.

Je ne sais plus quoi dire, mon sexe, je le sens, est trempé. Il s'en ai aperçu. C'est sûr!

-Ouvre ton sexe!

J'arrive enfin à sortir un son de ma bouche:

-Je..je ne peux pas.

-Ouvre le avec tes doigts!

D'une main hésitante, j'ouvris mon sexe.

-Allez dépêchez vous, mettez y les deux mains, je veux tout voir.

Mes longs doigts écartèrent mes lèvres délicatement. J'accentuais doucement la pression sur les côtés et mon vagin s'ouvrit à lui.

-Le clito maintenant

Doucement, je retroussais la crête de peau qui le recouvrait. Le clitoris darda.

-Restez comme cela. Ne Bougez plus.

Il emprisonna le petit organe découvert de sa bouche. Je tentais de le repousser lorsque je sentis la jouissance arriver, mais il me tenait fermement, un bras pressé derrière mes reins et je dus subir jusqu'à bout la caresse de sa langue.


Ce noir, je ne sais plus ce que je fais, je ne contrôle plus rien. Je crois que je m'écroule.

-Maintenant tourne toi.

Tel un automate, je suis machinalement la voix, je me relève, j'obéis, je suis troublé jusqu'au plus profond de moi même.

-Maintenant, je veux que vous écartiez bien les cuisses.

Je me met à sa disposition, il me place à sa guise. Et voilà que sans crier, sans broncher, je me penche en avant, souplement, jambe tendues, cuisse ouverte. Offerte.

Je me vois, je m'imagine, le cul tendu, penchée en avant, la tête reposant sur mes avant bras, repliés sur la table, les cuisses écartées, offrant un sexe à découvert. Le mien.

La première claque me fit pousser un petit cri de souris. Mais bientôt la fessée magistrale me tira des larmes. Mes fesses se couvraient de marques rouges, et parfois, il, cruellement, frappait mon sexe ouvert. De longs gémissements se mêlèrent au son mat des claques.

Quand le postérieur fut brulant, il s'arrêta. Net. Et comme pour se faire pardonner il caressa délicatement la peau meurtrie. De peur qu'il ne recommence je ne protestais pas lorsque sa main frotta mon sexe.

Troublée jusqu'au plus profond de mon être, je fermais les yeux et ne voulut plus rien entendre. Il cessait de me toucher et me laissait, là, à attendre; et c'est à peine si je sentis ses doigts me pénétrer, glissant facilement dans ma chatte trempée, me pénétrant jusqu'au plus profond de mon con.


Une deuxième fois, je réussis à sortir un mot de ma bouche, plutôt un cri sans conviction de désespoir car ses doigts avaient désormais cédé la place à son sexe. Il me tenait fermement par les hanches et je ne pouvais échapper à la pénétration, et maintenant je soupirais.

Je ne me contrôlais plus, je haletais de plus en plus sans qu'aucun son ne sorte de ma gorge.


Je m'apprêtais à crier quand j'entendis d'une voix claire, réelle, un peu angoissé cette même voix d'homme que tout à l'heure:

-Vous allez bien? Je suis vraiment désolé, excusez moi de vous avoir abandonnée; je vous ai entendu crier juste après avoir remis le courant, les plombs avaient sautés. J'ai accouru.


Je sens qu'il me soutient. Et il a raison! Je suis perdu, paniquée. Je tremble, je suis en sueur.

De son bras puissant, il tient mon épaule. Je suis debout, mes deux mains posées sur la table, crispées, mes deux bras tendus à l'extrême, tremblante, hébété.

-Non, non, ça va, quelques instants. Merci!

Désolé de vous avoir laisser dans le noir complet, avec ce froid et tous les chauffages allumés, les plombs ont sautés. Vous êtes peut être claustrophobe? Parce que vous n'avez pas l'air d'aller bien.


Je reprend doucement mes esprits me rassoit, et de mes doigts vérifient rapidement que je suis bien habillé, oui, je le suis,ouf, je respire, je souris et lui dit avec une touche d'humour:

-Le noir ne me dérange peu, vous savez, avez vous déjà oublié? En lui montrant ma canne blanche posée à mes côtés.


L'homme d'une voix gêné me demande:

-Dites moi quand vous voulez reprendre l'entretien.

Ne pas me perdre, ce noir qui me joue des tours.

Souvent.

Maintenant, me concentrer:

-allez y.




FIN